Le créateur du Musée de l'informatique crée aussi sa première exposition et vous devez y aller, jeunes (pour comprendre), vieux (pour se souvenir), tous (pour imaginer l'avenir):
Savez-vous quand votre ordinateur est obsolète ? Quand vous le sortez de son carton d’emballage, dit la blague. Alors faut-il un musée de l’informatique, domaine de l’éphémère par essence, voire du jetable ? Oui, répond Philippe Nieuwbourg, grand expert de ces technologies et président de l’association Antémémoire, dédiée à ce projet. Il est fermement décidé à créer ce lieu car « l’antémémoire est la mémoire que l’on met très proche de soi » et qui permet de mieux vivre dans son monde. Cela fait soixante ans à peu près que l’informatique existe et on a un peu oublié, dit-il, de préserver cette mémoire là. D’où une première exposition "1940-1990 : Histoires d'Informatique", du 5 juin 2007 au 8 octobre 2007, au Toit de la Grande Arche de Paris - La Défense avec une centaine d’objets issus de sa collection privée et de donateurs. Les jeunes doivent pouvoir regarder ces drôles d’objets et comprendre ce qu’ils représentent. Pas de nostalgie dans ce projet mais une bonne vision de ce qui s’est passé pour comprendre ce qui se passe et imaginer l’avenir. Savoir qu’une mémoire en tore de ferrite stockait 32 caractères permet de saisir les progrès fulgurants de la technologie. Le musée mettra aussi l’accent sur l’évolution des métiers : qui se souvient aujourd’hui de ce que faisait un « pupitreur » ? Et surtout il sera un musée différent des autres puisque qu’il va vivre avec l’histoire qu’il retrace, celle de nos outils de communication. Et ils changent souvent ! Se pencher sur un modem acoustique, entendre le bruit infernal d’une imprimante matricielle… Les objets nous accompagnent, ils nous paraissent indispensables (que diraient les accrocs au PDA si on leur enlevait subitement leur joujou ?) mais on les oublie vite car ils sont essentiellement remplaçables. Le musée devra sans doute pouvoir évoquer des lieux plus virtuels comme les blogs, autre drogue dont les addicts n’imaginent pas pouvoir se séparer. Et pourtant, il y eut une vie avant les blogs et il y en aura probablement une après, quand les gens auront envie de quitter l’excitation superficielle provoquée par certains usages abusifs des « objets » de la technologie. Finalement, ce travail d’antémémoire sera très utile !
[extrait de la rubrique "Un Autre Regard", à paraître dans 01 Informatique]