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[chronique de Lucien à paraître dans un prochain magazine]
On savait l'axe de la planète Terre penché mais pas à ce point-là! Il s'agit ici de l'axe autour duquel gravitent deux types de comportements vis-à-vis de la technologie. D'un côté, ceux qui s'en méfient comme les Français et même - contrairement à ce qu'on imagine quand on réfléchit trop vite, ce qui arrive de plus en plus souvent - les Américains Et, de l'autre, ceux qui au contraire l'adorent comme le veau d'or, je parle des Japonais Coréens - Chinois
et des Finlandais - Nordiques! C'est marrant comme on retrouve les mêmes attitudes aux antipodes et de part et d'autre des océans.
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"Il ne faut jamais se retourner quand on ouvre un
sillon: c'est le plus sûr moyen d'aller de travers ; tous les laboureurs savent
ça..."
Claude Michelet | Nous, les Occidentaux normaux, on est plutôt Big Brother, Brazil (le film, pas le pays) et compagnie. Eux, les bizarres qui parlent de drôle de langues, ici au Nord où tout là-bas dans l'Est, ils fabriquent goulûment des petits chiens électroniques de compagnie ou des téléphones qui sont de véritables secrétaires personnels. Chez eux, les robots sont toujours gentils et serviables, chez nous c'est des gros méchants qui veulent nous piquer la place ou nous sucer le cerveau.
Nous, on veut bien, à la rigueur, des machines esclaves qui passent
l'aspirateur ou gardent la maison. Eux, ils veulent des compagnons, des
puces peluches, savants inutiles, à qui faire des mamours baveux.
L'utile et le futile, dit le sociologue. Chez eux, les nano c'est beau,
c'est nickel, chez nous c'est Cnil. Résultat: l'innovation en robotique
ou autre TIC, c'est pas vraiment chez nous que ça se passe, à de rares
exceptions près comme Gostaï, le langage universel de robot, une
invention française, cocorico! On n'invente pas ce qu'on n'aime pas,
telle est la dure loi de l'âme humaine. C'est le désir qui crée, pas la
réticence.
Alors, pour sauver la France et l'Amérique, je propose un
renversement fondamental d'attitude, une révolution: malgré tout ce que
l'on sait à juste titre, nous les rationnels, les cultureux, sur la
technologie oui, elle tombe toujours en panne, oui, elle génère sa
propre entropie, oui, elle change tout le temps malgré toutes nos
réticences parfaitement fondées, nous allons, puisqu'il le faut, nous
mettre à adorer ce que nous brûlions et inversement. Désormais, tout
robot sera considéré comme innocent, toute machine utile et tout
ordinateur logique. Tout humain émettant le moindre doute à ce sujet
sera immédiatement transformé en machine à café ou envoyé en Corée pour
un stage de rééducation civique sur les bienfaits de la technologie,
mère de tous les us qui s'usent.
Et, en cas d'incident du bidule, on ne dira plus "il bogue, zut!"
mais "il bouge, chouette!" On ne dira plus "la machine est en pause"
mais "notre amie se repose". Si une batterie prend feu, on applaudira
le feu d'artifice.
Ainsi notre esprit d'occidental libéré et technophile pourra-t-il à
nouveau donner livre cours à son génie inventif. Et surtout, il
découvrira le seul, le vrai intérêt des robots "intelligents" : eux, au
moins, ils peuvent simuler des sentiments à la demande
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