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Ce côté éjaculateur précoce de l'internaute Imprimer Ami
  Écrit par Luc Fayard - 16-05-2005

 (re-publication, sortie des archives de mai 2005)
Faut que ça sorte, tout de suite. Ce qu’on a à dire, ce qu’on cherche. Ce n’est pas trouver qui nous titille, c’est chercher ; le résultat, on s’en fout, on veut pouvoir surfer toujours et encore. C’est ça la dictature d’internet, cette excitation du nouveau permanent, ce sprint à l’adrénaline virtuelle. On ne lit plus vraiment, on parcours, on saute d’une accroche à l’autre, l’œil brownien, le doigt nerveux crispé sur la détente du clavier ou de la souris, on n’est plus que l’ombre de son clone, son avatar. Il paraît qu’on cherche du sens, nous dit-on mais, en fait, on n’a qu’un seul sens, une seule direction : devant, toujours plus, plus de bidules, plus de mémoires, plus de signes. "Ni à gauche, ni à droite, en avant!": c'était le slogan repris par les fascistes italiens. Nous voici adeptes de Kierkegaard, pour qui le public exige la liberté d'expression pour compenser la liberté de penser qu'il préfère éviter.
Internet c’est la sémiologie débridée, la couche superficielle du cerveau en ébriété. Un saut de haies dans le noir, chaque page, chaque lien est un obstacle qu’il faut franchir, vite, pour aller au suivant. Plus d’affect, plus de sentiments, rien que de l’énervement, de l'événement. On n’écoute que son moi intérieur, qu’une partie de son moi, celle qui vous dit : « non, ce n’est pas ça que je veux, cherche encore.. » Et on creuse, on pioche, on dépiaute, on décortique, on étale comme des trophées les lambeaux de cette chirurgie monstrueuse.
Internet, c’est la perte de l’âme, c’est le diable. Je me demandais depuis un moment comment qualifier ce nouveau comportement et je crois que j’ai trouvé : nous sommes tous des éjaculateurs précoces. Il n'y aura jamais plus d'orgasme, plus de satisfaction, rien que de l'envie, rien que de l'inassouvi. Adieu l'amour et la beauté, voici le temps bionique, le temps cybernétique où l'intelligence se mesure en taux de clics sponsorisés par les marchands du temple, ravis de l'aubaine.
C'était ma chronique "Déprime" du jour...

 
Le nouveau pouvoir des conversations Imprimer Ami
  Écrit par Luc Bretones et Stéphane Dieutre - 08-01-2009 - Dernière mise à jour : 08-01-2009

Nous vivons une époque fascinante. Avec Internet, révolution technologique et sociétale se croisent et se répondent. Des lames de fond sont en marche. Et, pour la première fois dans l’histoire, l’humanité laisse une empreinte à la fois sensible et factuelle de sa marche vers l’avenir sur un media participatif, et non hiérarchisé. Le futur s’écrit à livre ouvert. D’où la nécessité de tenter d’interpréter micro et macro tendances pour décrypter la matrice de ce monde qui s’invente, sous nos yeux, en temps réel.

 Alors que notre société connaît des ruptures sans précédent, son miroir technologique géant agit comme un bras de levier phénoménal. Et l’émergence du nouveau pouvoir des conversations est sans doute l’un des constats les plus importants à faire.

Chaque « connecté » peut  aujourd’hui éprouver le vertige de  pouvoir dire son mot sur tout comme de connaitre le point de vue de chacun. Sur Internet, les contributeurs sont à égalité : un blog personnel peut égaler en influence un puissant site institutionnel d’entreprise...


 

Luc Bretones – Représentant Institut G9+ et co-animateur Essec Business & Technologie et Centrale Marseille IT
Stéphane Dieutre –Directeur-Associé de Think-Out  (études marketing et consulting)

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Le jeunophile Imprimer Ami
  Écrit par LUCIEN TOSCANE - 14-11-2008 - Dernière mise à jour : 14-11-2008

source photo : la formidable galerie flickr de noiselot

(PS: c'est pas moi sur la photo mais je l'adore!)

Je suis prof en fac et je dois vous l’avouer : j’adore les jeunes d’aujourd’hui ! Je sais, ça peut faire bizarre, le prof jeunophile, à l’époque de tous ces politiquement corrects qui s’enchaînent les uns aux autres et finissent par museler le discours et les idées, j’imagine les réactions, c’est qui se mec d’abord et qu’est-ce qu’il leur veut aux jeunes, j’appelle les flics moi s’il continue à les regarder comme çà ce monsieur– mais tant pis j’assume !
D’abord, je les trouve beaux, garçons et filles, ils ont de la gueule, à l’aise dans leurs fringues, j’ai l’impression qu’ils se tiennent plus droits que nous à leur âge, ils se la pètent, c’est des frimeurs , ça me fait marrer l’apparence qu’ils prennent quand ils déambulent, ils sont très attentifs à se faire bien voir, au sens littéral, on dirait des hérons de concours. Ca bouge bien quand ils marchent, y’ a comme une danse dans l’air , c’est des co-propriétaires de l’espace, ils s’y sentent bien.
Ensuite, c’est dingue ce qu’ils ont le regard naturellement insolent , ils te regardent comme un truc à bouffer, un produit low cost à consommer : qu’est-ce qu’y m’veut celui-là, à quoi va-t-il me servir ? Et malheur de toi si leur tête se détourne, c’est qu’ils t’ont zappé, pauvre zigouille, t’existes plus, t’es plus qu’une ombre sur le trottoir et tes larmes n’y pourront rien changer. Faut les accrocher très vite et très fort comme ces foutues pages web sur lesquelles ils ne restent que 3 secondes en moyenne. Faut que ça flashe si tu ne veux pas que ça washe, faut que ça tripe si tu ne veux pas l’exit.
Ils sont nuls en français, font des contresens incroyables même sur des mots que je croyais courants mais ils s’en foutent et, comme ils sont tous de la même nullité moyenne, ils se comprennent très bien entre eux ; d’ailleurs, je ne sais pas comment ils font, mais c’est sûr que les mots aujourd’hui n’ont plus la même importance, en ont-ils jamais eu d’ailleurs ? Les mots s’effacent derrière un geste ou un sourire. C’est la génération image et son. Comme dit le jeune écrivain et musicien Alessandro Barrico : « Il y a de la musique dans les mots ; mais la musique est plus forte, elle n’a pas besoin de mots. »
Ils ne sont pas mauvais en maths, ces jeunes, et surtout, d’une promo à l’autre,  de plus en plus forts en sciences et en techno. Je le sais car je leur fais passer les mêmes tests chaque année, le laser où les gênes n’ont plus de secret pour eux. Mais ça tout le monde en parle : génération Y multimédia et tutti quanti…  Les mauvaises langues disent que ça empêche de se concentrer, tous ces bidules branchés en même temps. Mais ils n’ont pas compris que ceux de la génération Y n’ont pas le cerveau câblé comme nous, ils sont des mutants du numérique, des hybrides en gestation. C’est leurs enfants qu’il faudra regarder avec attention !
Et puis d’abord, bande d’ignares, Einstein lui-même le disait : l’imagination c’est mieux que la connaissance.
Moi je les aime ces jeunes, c’est des voraces, ils ont de l’appétit, ça se voit, veulent bouffer la vie. Ils sont ciblés dans leurs envies et leurs questions, vont droit au but, z’aiment pas le superflu.
Ca ne les empêche pas de consommer à tout va, plus que nous à leur âge j’ai l’impression. Je ne sais pas comment font les filles pour avoir toutes les mêmes bottes au même moment, ça m’a toujours impressionné cette focalisation temporelle de la mode.
Les mecs sont plus bavards qu’avant, nous on se taisait pas mal où on disait des conneries en parlant fort, eux ils ont l’air de causer davantage entre eux, de manière sympathique et conviviale. C’est pas sûr qu’ils s’écoutent plus les uns les autres mais ils font bien semblant en tout cas et ça donne envie de faire partie de l’orchestre. Ils sont en train de jouer une nouvelle partition. Ca serait con de louper l’audition.
Et puis surtout la grosse différence d’une génération à l’autre c’est que filles-mecs ça se mélange sans vergogne et ça bouge plus qu’avant, les groupes se font et se défont au gré des tchats et des textos.
Alors, pitié, que les vieux cons se la ramènent pas, please, en se plaignant des jeunes d’aujourd’hui qui ceci qui cela, saute du mur et puis s’en va. Qu’ils aillent voir ailleurs cela, dans le cimetière des pleureuses éternelles.
Le seul petit reproche que je leur ferai, moi, c’est que je les trouve pas très drôles, ces jeunes, j’ai l’impression que nous on rigolait plus volontiers. Sont sérieux, quoi, pas beaucoup d’humour. Mobiles, ouverts, communiquants, voyageurs et polyglottes, mais sérieux comme des petits papes. Y’a le Sida qu’est passé par là et autres joyeusetés de la modernité sanglante. Nous en 68 on lançait des pavés en l’air en pensant qu’ils ne retomberaient jamais. Eux peut-être ont-il trop vu de tout trop tôt. En même temps qu’eux, avec eux, ou à cause d’eux, je ne sais pas, le temps s’est accéléré et tout s’est mis à changer très vite comme les images à l’écran. On aurait du leur dire que si les mots ne sont que des mots, les images c’est pire c’est même pas des images mais des caricatures, des mensonges. Entre réalité virtuelle et déformation médiatique, les repères et les structures, ça devient plus dur à trouver.
Mais je m’en fous, je suis définitivement piquousé aux jeunes, je revendique haut et fort ma jeunophilie et tant que c’est pas interdit par la loi  - on ne sait jamais avec les légiféreurs fous qui nous gouvernent- tant que je pourrai les voir bouger et les entendre causer et please rire un peu plus, je continuerai à les aimer et à me sentir moins vieux.
Allez les jeunes !

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Manifeste pour une révolte tranquille Imprimer Ami
  Écrit par Lucien Toscane - 19-06-2008 - Dernière mise à jour : 20-06-2008

Ras le bol de tous ces gens qui se la pètent.
Au début, on se dit c’est pas grave, un défaut de jeunesse, ça leur passera, il en faut des mégalos et des bavards, ça fait avancer le schmilblick, faut pas être un enfant de chœur pour motiver les mercenaires dans ce struggle for life permanent qu’est la vie du business et de la société.

Mais, au bout de quelques années à observer ce même spectacle désolant, ce gâchis incroyable, cette prédominance des incompétences diplômées, le petit cirque de ce minuscule et ridicule Clochemerle qu’est la France des affaires, de la politique et des médias, on finit par en avoir marre.
C’est Sarkozy qui a été la goutte d’eau, c’est ce qu’il est d’ailleurs, une goutte d’eau dans l’océan de l’histoire, faudrait lui dire. Mais il n'est que le représentant de la nouvelle élite, faite de marionnettes hystériques, agitées par les courants de passage, reniflant le vent dominant, des pantins sans la moindre grandeur, qui secouent le mot « réforme » comme une vieille outre dont ils ne tirent que des pets foireux.

Qu’on en soit arrivé à ce point-là de la désolation des idées et du manque d’envergure, packagés dans une communication aussi vide qu'entropique, est une constatation qui d’abord me navre puis me révolte.

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Encore un spam, ou un virus, un pourriel pourri, un polluriel Imprimer Ami
  Écrit par dominique d. - 14-05-2008 - Dernière mise à jour : 14-05-2008

Si vous recevez dans les prochains jours une enveloppe avec l'en-tête de l'Administration fiscale,

>  
>
> NE L'OUVREZ SURTOUT PAS !
>
> Elle contient un virus capable de vous faire perdre l'équivalent de deux mois de salaire.
>
> Il s'agit d'un piège grossier pour vous extorquer de l'argent,

 NB : Il a été établi que ce virus sévit aussi dans d'autres pays, mais notre pays est de loin le plus touché.
> Tous les antivirus testés à l’Assemblée depuis des décennies n’ont fait qu’aggraver la contagion.
>
> Pour ne plus être la victime de ce vol organisé, il ne vous reste qu'une chose à faire,
>
> voir les instructions ci-dessous ...
>  
>    
 


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